D'un côté, il y a ce que j'écris et, "à côté", il y a des lectures, des films et quelques autres aventures...
samedi 29 mars 2014
Nous avons les mêmes photos que l'on retrouve sur ce blog
Beth Berry, la femme de Hunter Berry, le gars qui nous a loué l'appartement de Tulum en février dernier par l'entremise de AirBnB, tient un blog appelé "Revolution from home" (Cliquez sur le lien pour accéder au blog).
Elle vient de publier une entrée dans laquelle elle parle de l'appartement que nous avons occupé et elle y joint des photos. Des photos qui me sont familières. Cela m'a amusé de les retrouver dans son blog.
Elle vient de publier une entrée dans laquelle elle parle de l'appartement que nous avons occupé et elle y joint des photos. Des photos qui me sont familières. Cela m'a amusé de les retrouver dans son blog.
mercredi 5 mars 2014
Juan de Zumarraga
Je viens d'apprendre qu'il y a une fonctionnalité sur le site Atramenta qui permet d'intégrer dans mon blogue une oeuvre qui a déjà été publiée sur ce site.
Il est donc dorénavant possible de lire Juan de Zumarraga ici, tout comme si vous étiez sur le site Atramenta. Il faut cependant aller sur Atramenta (en cliquant ici) si vous voulez le télécharger.
samedi 18 janvier 2014
La métaphore du chant dans Cantique des plaines de Nancy Huston
Ayant constaté qu'un article que j'ai publié sur le site Atramenta : La métaphore du chant dans Cantique des plaines de Nancy Huston, est mon plus gros "vendeur" parmi mes 9 titres publiés, je me suis demandé ce qui pouvait expliquer ce phénomène.
La question m'intrigue parce que contrairement à mes autres textes, je n'ai jamais reçu un seul commentaire à son sujet. Son lectorat serait donc différent de celui qui fréquente habituellement ce site et il serait, selon moi, probablement issu de recherches sur internet en lien avec Nancy Huston ou Cantique des plaines.
Quoi qu'il en soit, cela m'a amené à le relire et j'ai été surpris de le redécouvrir tout aussi pertinent et intéressant. Cela m'a attristé de me rendre compte que les idées que j'y propose n'ont pas été davantage partagées et n'ont pas nourri la discussion sur le roman de Huston.
Voilà pourquoi j'ai rafraîchi mon texte de présentation sur Atramenta. Présentation que voici :
Après le dépôt de mon mémoire de maîtrise : Temps et récit dans Cantique des plaines de Nancy Huston à l’automne 2007, j’ai entrepris d’écrire un article d’une vingtaine de pages grâce auquel je voulais offrir à un plus large public les découvertes que j’ai faites au cours de mes recherches.
Malheureusement, la revue de littérature canadienne à qui je l’ai fait parvenir au printemps 2008 l’a refusé sous prétexte que mon article leur apparaissait relever plus de la philosophie que de la littérature. Pourtant la même revue avait déjà publié (2002) un article portant sur la thématique du temps dans le même roman : La question du temps dans Cantique des plaines de Nancy Huston.
Même si l’auteur de cet article, Stephan Hardy, met bel et bien en évidence l’importance de la thématique du temps dans Cantique des plaines, jamais il n’établit le lien avec la méditation sur le temps de saint Augustin que l'on trouve au Livre XI de ses Confessions. Méditation dont on retrouve pourtant plusieurs passages dans le roman de Huston. Jamais non plus il ne fait référence à l’essai Temps et récit de Paul Ricoeur, un ouvrage entièrement consacré à l'analyse de la conclusion que tire Augustin de sa méditation sur la question du temps. Une conclusion qui lui vient tout de suite après avoir chanté un cantique, un chant grégorien, qu'on appelle "Plainsong" en anglais : cantique des plaines, dont il s'est servi pour essayer de répondre à la question du temps.
Il me semble que cette démonstration peut enrichir l'analyse et la discussion. Voilà pourquoi j'espère que mon article et mon mémoire obtiennent une meilleure diffusion parmi ceux qui s’intéressent à cette oeuvre de Nancy Huston.
jeudi 19 décembre 2013
Mon opinion sur un roman de Douglas Kennedy : L'homme qui voulait vivre sa vie
Je ne me rappelle plus trop ce qui m'a amené à lire ce livre. Une référence dans un article lu sur le web, peut-être. En tout cas, quelque chose m'a poussé à me procurer ce livre et à le lire et j'ai vraiment été très déçu.
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C'est nul et je ne comprends pas que je suis à peu près le seul à dire cela.
L'intrigue ne tient pas debout ni non plus la psychologie du personnage. Qu'un homme assassine l'amant de sa femme, sans vraiment le vouloir, c'est tout à fait possible, mais qu'il lui brise les jambes pour faire entrer le corps dans le frigo et qu'il lui fracasse et lui arrache les dents pour qu'on ne puisse pas identifier le corps, c'est autre chose, surtout que ça ne semble pas le troubler le moindrement. Un vrai psychopathe alors que pourtant tout dans le roman tente de nous le présenter comme étant un être sympathique, un bon père de famille, un bon amant, un bon confrère de travail, etc.
Ensuite, la réussite de son changement d'identité est plus qu'invraisemblable, mais le pire c'est de le voir ensuite avoir un succès international comme photographe sous cette fausse identité. C'est con, mais con comme ce n'est pas possible ! Quand on risque de se faire accuser de meurtre, on prend un profil bas et on évite toute vie publique, surtout quelques mois à peine après le meurtre. Et c'est quoi cette manie de faire que ses personnages réussissent aussi bien dans la vie, gagnent autant d'argent ? Il y a des milliards d'êtres humains sur Terre qui vivent leur vie sans "réussir".
Quant à son deuxième vol d'identité, là, je manque de mots pour exprimer ce que j'en pense... Prout, prout, prout...
Incroyable que cela s'est vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde.
mardi 20 août 2013
Quand Bernie Gunther, le héros de la série de romans policiers de Philip Kerr, semble croiser la route de Maximilien Aue, le narrateur de Jonathan Littell dans Les Bienveillantes.
Dans Vert-de-gris (traduction française de Field Grey), le septième des romans que Philip Kerr consacre à son héros, Bernie Gunther, Bernie est interrogé par la CIA et doit expliquer quel rôle il a joué lors de l’invasion de l’URSS en juin 1941.
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Revenu à la Kripo (police criminelle) en 1938, après avoir oeuvré pendant cinq ans comme détective privé à Berlin, Bernie a été en 1941 incorporé dans un bataillon de réserve de la police et envoyé en Ukraine pour se joindre à des Einsatzgruppes, des unités SS chargées de sécuriser l’arrière des lignes de la Wehrmacht dans leur avancée en territoire soviétique. Bernie croyait que sa mission consistait à combattre les partisans. Cependant, un jour qu’il était en route vers Minsk pour faire son rapport après avoir capturé et exécuté une trentaine d’agents du NKVD (ancien KGB) coupables d’avoir massacré plus d’un millier de prisonniers ukrainiens et polonais dans la cour de la prison de Lutsk, il croise une autre unité SS en train de fusiller des civils juifs parmi lesquels il y avait des femmes âgées. Choqué, il s’arrête et demande des explications. On lui répond que ce sont les ordres. Il appelle au QG à Minsk et il se fait vertement engueuler pour oser ainsi discuter un ordre. Arrivé dans cette ville, il doit faire face à ses supérieurs et se fait menacer d’une rétrogradation. Arthur Nebe, son ancien chef à la Kripo, mais maintenant chef du Einsatzgruppe B, intervient et le sauve en le retournant travailler à Berlin. Heureusement pour lui, car les Einsatzgruppes ont par la suite été impliqués dans des tueries à grande échelle au cours desquelles plus d’un million cinq mille juifs ont été assassinés. C’est ce qu’on appelle la première Shoa, la Shoa par balles, pour la distinguer de la Shoa des chambres à gaz qui s’est mise en branle à partir de 1942.
Bernie Gunther faisait partie du groupe B, qui avait Minsk comme objectif. Dans Les Bienveillantes, le roman de Jonathan Littell, gagnant du prix Goncourt 2006, Maximilien Aue, son narrateur, fait partie du groupe C qui avait Kiev comme objectif, soit quelques centaines de kilomètres plus au sud, les deux groupes ayant la Pologne comme base de départ dans les premières semaines de l’opération Barbarossa.

Là où je dis que les deux personnages semble se croiser, sans toutefois se rencontrer, c’est lorsqu’en arrivant à Lutsk, tout récemment conquise par l’armée allemande, Aue va visiter le château de Lubar qui avait servi de prison au NKVD et dans sa cour intérieure il découvre un charnier de plus d’un millier de corps en décomposition, des prisonniers ukrainiens et polonais que les Russes ont assassinés avant de fuir la ville. Incapables de rattraper les coupables, les Allemands décident d’exécuter le même nombre de juifs parmi la population de la ville, sous prétexte qu’une grande partie des membres du NKVD étaient des juifs.
Contrairement à Bernie Gunther, le narrateur des Bienveillantes ne proteste pas devant les massacres de juifs, même s’il s’interroge sur leur pertinence. C’est ainsi qu’il va se retrouver impliqué dans les massacres qui vont avoir lieu dans la région dans les mois suivants.
Aux yeux des autorités soviétiques, Bernie est un criminel de guerre pour avoir commandé l’exécution des agents du NKVD parmi lesquels il y avait des femmes, et il craint constamment d’être remis entre leurs mains. Cependant, il se justifie en disant que c’était la guerre et que ceux-ci étaient coupables d’avoir massacré les prisonniers de Lutsk. Par contre, c’est tout à son honneur d’avoir refusé de participer à l’assassinat de juifs au risque d’en subir les conséquences, ce qu’il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir fait.
L’action de Field Grey, ou Vert-de-gris dans sa version française, se situe en 1954. Mais, étant donné que Bernie Gunther est arrêté par les Américains dès le premier chapitre en face de Guantanamo alors qu’il tente de fuir Cuba et qu’il reste prisonnier de la CIA puis des services secrets français jusqu’au dernier chapitre, il n’y a pour ainsi pas d’action dans ce roman qui prend la forme d’une série de récits que Bernie raconte afin de répondre aux questions de ses interrogateurs sur certains passages de sa vie. Sans doute que certains lecteurs n’apprécieront pas, mais tous ceux qui ont déjà lu d’autres péripéties de la vie de cet intrigant personnage seront comme moi curieux de connaître d’autres passages de sa vie. De plus, tout en le lisant, je n’ai cessé de penser comment Philip Kerr pouvait lui-même être aussi curieux de connaître ces passages tout en les écrivant.
Quant aux Bienveillantes, bien que j’ai entrepris de le relire après m’être rendu compte que Maximilien Aue aurait pu croiser la route de Bernie Gunther en Ukraine, je ne crois pas continuer cette relecture au-delà des chapitres concernés. En effet, ce roman été pour moi une source de malaise et d’inconfort lorsque je l’ai lu à sa sortie et je n’ai pas envie de revivre cela. Comment se complaire pendant 900 pages dans la perversité d’un narrateur qui accepte de regarder tuer et même de tuer lui-même juste pour voir l’effet que cela lui fait?
jeudi 30 mai 2013
Roberto Bolano, le nouveau Garcia Marquez de la littérature latino-américaine ?
Je ne connaissais pas Roberto Bolano avant d’acheter il y a quelques mois un exemplaire du numéro 52 de L’inconvénient, une revue littéraire québécoise d’essai et de création, consacré à la «Naissance et renaissance du roman latino-américain».
Un article en particulier : « Le coup de pistolet au milieu du concert : la politique et le roman en Colombie» avait motivé mon achat, car je connaissais son auteur, Juan Gabriel Vasquez, pour avoir déjà lu quelques-unes de ses oeuvres et je voulais savoir ce qu’il avait à dire sur la littérature de son pays à propos de la violence qui caractérise son histoire politique.
Après avoir lu cet article, que j’ai trouvé par ailleurs très pertinent, j’ai entrepris la lecture du reste de la revue et c’est ainsi que j’ai pris connaissance de l’article de Mauricio Segura intitulé «Le mythe Bolano».
Tout en nous racontant ses premiers contacts avec les écrits de Bolano ainsi qu’avec le «mythe Bolano», Segura se montre sinon hostile du moins méfiant vis-à-vis de cet auteur chilien expatrié qui a toujours cultivé avec soin son image de marginal rebelle. Ainsi, il nous rapporte que «Bolano a même détrôné Garcia Marquez au firmament des dieux littéraires hispanophones» tout en ajoutant dans la même phrase «du moins aux yeux d’une majorité de lecteurs anglophones de moins de cinquante ans».
Dans son article, Segura nous présente une critique élogieuse des Détectives sauvages, qu’il s’était pourtant procuré avec réticence. Il trouve que ce roman est envoûtant et qu’il tient ses lecteurs en haleine bien que l’action se déroule entièrement dans un milieu littéraire absolument marginal dans la société mexicaine. Pour lui, 2666, «roman posthume de plus de 1000 pages» et qui a reçu «une critique dithyrambique dans la plupart des pays hispanophones», «présente un récit où la littérature est un puissant catalyseur, capable de donner un sens au destin d’un homme égaré».
Fort de cette lecture, je me suis procuré Les Détectives sauvages et un autre roman de Bolano : Le troisième Reich à la bibliothèque, 2666 n’étant pas disponible.
J’ai commencé par Les détectives voyages, mais j’ai abandonné ma lecture après avoir lu une centaine de pages. Il m’ennuyait avec ses interminables listes de poètes qui participent à d’interminables discussions littéraires tout en se soulant et baisant à qui mieux mieux.
Le sujet de l’autre roman que j’avais emprunté : Le troisième Reich me paraissait plus intéressant. Un jeune allemand, amateur sinon professionnel et champion en jeux de stratégies simulant la Deuxième Guerre mondiale se rend en vacances en Espagne avec sa petite amie et, alors que celle-ci accumule les séances de bronzage à la plage, lui, préfère se consacrer à son activité favorite à l’intérieur de leur chambre d’hôtel.
L’intrigue a retenu mon attention jusqu’à la première moitié du roman, mais je me suis ensuite carrément emmerdé en voyant son personnage s’enfoncer dans une espèce de folie qui l’a amené à ne pas retourner en Allemagne avec son amie à la fin de leurs vacances et à rester pendant tout un mois pour jouer à son jeu avec un mystérieux et inquiétant partenaire. J’ai quand même persisté dans ma lecture jusqu’à la dernière page, risquant presque la déprime, et je ne conseille à personne cette expérience de lecture.

De plus, je n'ai trouvé aucune qualité littéraire particulière à l'écriture de Bolano.
mercredi 29 mai 2013
1493 - Comment la découverte de l'Amérique a transformé le monde - un ouvrage de Charles C. Mann
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1493 est un livre dont j’attendais depuis plusieurs années la traduction française après avoir précédemment lu 1491 du même auteur. Au cours de ces années, pour calmer mon impatience, j’ai feuilleté à quelques reprises les pages de sa version originale anglaise qui sont offertes en lecture libre sur Amazon et ce que j’ai pu en comprendre, malgré mes faibles capacités de lecture dans cette langue, m’a enthousiasmé et rendu encore plus impatient de pouvoir le lire en français.
J’espérais ressentir en lisant 1493 la même formidable impression que j’avais ressentie en lisant 1491. L’impression que j’apprenais une foule de choses dont je n’avais aucune idée avant que Charles C. Mann ne vienne me les apprendre, moi, un lecteur qui s’est toujours targué d’aimer l’Histoire et d’avoir déjà d’assez bonnes connaissances en Histoire.
Le phénomène s’est effectivement reproduit. 1493 est une mine d’or pour celui qui aime découvrir de nouvelles façons d’appréhender l’Histoire, en particulier ici, les bouleversements amenés par la découverte du Nouveau-Monde que ce soit au niveau économique, écologique ou humain. Du développement de la culture du tabac, de la culture de la canne à sucre et du même coup de l’introduction de la malaria et de la fièvre jaune en Amérique, principaux facteurs du transfert de millions de noirs africains à travers l’Atlantique, en passant par l’expansion de la culture de la patate en Europe, de la patate douce en Chine, et des répercussions économiques amenées par l’échange à travers le Pacifique de l’argent des mines espagnoles en Amérique contre les soieries chinoises, sans parler de l’exportation du guano péruvien vers l’Europe ou de l’expansion à travers le monde de la production de caoutchouc à partir de la sève de l’hévéa, Charles C. Mann nous amène à prendre conscience de l’importance du rôle qu’a joué la découverte de l’Amérique dans la mondialisation de l’activité humaine sur la Terre.
Cependant, malgré tout ce que 1493 peut nous offrir comme nouvelles perspectives d’analyses, j’ai ressenti un certain ennui dans quelques chapitres. Le sentiment que Charles C. Mann allongeait la sauce. Par exemple, dans le chapitre où il décrit en long et en large les répercussions de l’introduction en Chine par les Espagnols de l’argent des mines américaines ou encore le chapitre où il s’évertue à nous décrire l’importance des marrons, ces esclaves africains en fuite qui ont formé des quasis états en Amérique. Mais comme il le dit lui-même, 1493 n’a pas la prétention d’être une analyse systématique : «mon but a été d’accorder la préséance aux questions qui me semblent spécialement pertinentes et bien documentées, et à celles - réflexe de journaliste - que je juge les plus passionnantes».
Donc, malgré ces petits défauts, je recommande chaudement cette lecture à tous ceux qui considèrent qu’une connaissance de l’Histoire est essentielle pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.
lundi 27 mai 2013
L’avenir des blogues sur internet et, donc, l'avenir de mon blogue
En fin de semaine, j’ai lu un article sur le site Slate tiré de W.I.P., le labo médias de l’école de journalisme de Sciences Po, sur l’avenir des blogues. Il paraît que certains prédisent leur disparition alors que d’autres disent plutôt qu’ils sont en train d’évoluer.
Cela m’a fait penser que je suis arrivé un peu tardivement dans cet univers, car les premiers blogues ont fait leur apparition en 1999 et je n’ai attrapé le train qu’en 2011, soit une douzaine d’années plus tard. De toute façon, je suis peut-être en dehors de tout cela, car étant donné le nombre de lecteurs que j’ai, ce blogue est plus un lieu où j’archive ce que j’écris qu’un lieu d’échanges. Je mets mes textes ici au lieu de les laisser dans le tiroir de mon bureau, pardon, sur le disque dur de mon ordinateur. Bien sûr, il reste que ces textes sont publics et disponibles pour d’éventuels lecteurs, mais comme je n’ai jamais de commentaires de ces lecteurs, c’est comme s’ils n’existaient pas même si les statistiques du site m’indiquent un certain nombre de visites. Malgré cela, je continue à écrire et je sais que mon écriture chemine et évolue, car je peux constater ce cheminement et cette évolution à chaque fois que je jette un regard sur l’ensemble de mes publications. Peut-être qu’il ne sortira rien de tout cela, mais peut-être que oui. Qui vivra verra.
Dans cet article de Slate sur l’avenir des blogues, il y avait aussi un lien vers le site d’un écrivain américain qui permet à tout un chacun de le voir écrire «live» et que cet exercice serait l’une des voies d’avenir des blogues.
Cela me fait penser que c’est un peu ce que je fais moi-même ici, car de publication en publication, on peut voir mon travail avancer.
Ainsi ce matin, je me sens bien embêté de continuer à écrire l’histoire de Juan de Zumarraga, le Frantses gardien de cochons, que j’ai publiée la semaine passée. Pour la continuer, il faut que je le fasse embarquer sur un navire et je ne connais strictement rien aux navires. Faut dire quand même que je ne connaissais absolument rien sur l’élevage des cochons en Espagne au XVIe siècle, ce qui ne m’a pas empêché d’écrire sur le sujet bien que, au fond, quand j’y pense, je n’y dis pas grand-chose sur les cochons dans ce texte. Alors, qu’est-ce qui m’empêche de continuer à écrire cette histoire ? C’est que je crois que ma tendance à écrire au moyen du dialogue intérieur de mes personnages est encore très forte, bien que j’avais pris la résolution de l’éviter.
Il y a une grande différence entre écrire une histoire à partir d’un point de vue extérieur et l’écrire à partir d’un dialogue intérieur. Ce dernier exige beaucoup d’investissement émotif de la part de l’auteur en plus d’exiger une connaissance approfondie et détaillée du contexte. Cela ne veut pas dire que ces deux exigences ne sont pas présentes dans le point de vue extérieur, mais à mon avis elles sont beaucoup moins fortes. Par exemple, dans un point de vue extérieur je peux écrire que mon personnage dormait sur le pont du navire, je ne suis pas obligé de décrire son environnement dans le détail, quelques informations générales peuvent suffire pour faire comprendre le contexte au lecteur. Par contre, d’un point de vue intérieur, je dois décrire son état d’esprit et son environnement d’une façon beaucoup plus détaillée. Pour moi, c’est difficile, voire impossible de le faire sans commettre de grossières erreurs, tels des anachronismes. Cela me bloque et m’empêche carrément d’écrire. Il ne faut donc pas que je persiste dans cette voie.
vendredi 17 mai 2013
Juan de Zumarraga, le Frantses qui gardait des cochons
Voici l'introduction d'un premier chapitre de ce qui pourrait peut-être un jour être une plus longue histoire. Il s'agit du personnage dont je vous ai parlé dans mon dernier blog et qui, finalement, n'est pas mort-né.
Juan se disait basque. C’est d’ailleurs sous l’appellation de Juan de Zumarraga, le nom de la vallée dont il était originaire, qu’il doit sûrement figurer sur une ou l’autre des nombreuses listes d’enrôlement d’équipages que l’on peut trouver dans les dépôts d’archives de son époque. Quant à une preuve plus tangible de sa naissance, par exemple une attestation de baptême, mieux vaut ne pas trop y penser. À Zumarraga, ce n’est qu’à partir de 1576 que les registres paroissiaux ont commencé à être tenus d’une façon rigoureuse, soit une bonne soixantaine d’années après la naissance de Juan.
Sa mère s’appelait Jeanne. Elle n’était encore qu’une enfant quand ses parents, un Gascon et sa compagne qu’on appelait la Frantsesa (la Française en Euskara, la langue basque) vinrent travailler aux récoltes sur le domaine des Etchedorry situé sur les flancs du mont Beloqui pas très loin d’un réputé ermitage dont le nom, Zumarraga, avait été adopté pour nommer la vallée toute entière. À la fin de la saison, le couple laissa sa fille comme servante dans la maison de Luis Abitzu Etchedorry, le maître du domaine. Celui-ci l’engrossa quelques années plus tard, peu après ses premières règles.
Juan n’a pas gardé beaucoup de souvenirs de sa mère, car il devait avoir environ quatre ans quand elle mourut des suites d’une fausse couche, le laissant avec sa sœur Adela, née environ un an après lui, aux soins des domestiques de la maison. Cependant, comme Jeanne lui avait toujours parlé en français, si du moins l’on pouvait qualifier ainsi le patois qu’elle baragouinait, c’était un héritage dont il était très fier et que, contrairement à sa sœur, il s’était toujours efforcé de le cultiver en cherchant à s’exprimer dans cette langue toutes les fois que c’était possible. Ce qui, l’été, était assez fréquent parce que Zumarraga est située sur une route qui permettait de relier deux des plus importantes branches du célèbre chemin de Compostelle.
À la ferme, l’Euskara était prédominant, car c’était la langue du patron et de sa famille. Cependant, pour les récoltes, ils engageaient des travailleurs saisonniers en provenance de tous les pays avoisinants. On pouvait donc y entendre, selon les années, tout autant le castillan que le catalan, le galicien ou le gascon.
Il faut dire qu’à la naissance de Juan, l’État espagnol comme on le connaît aujourd’hui venait tout juste d’être constitué. En effet, ce n’est qu’en 1492 qu’Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon réussirent à unir les différentes entités politiques qui occupaient la péninsule ibérique, à l’exception du Portugal. La vallée de Zumarraga faisait et fait toujours partie du Guipuzcoa, l’une des trois provinces basques espagnoles, qui fut incorporée au Royaume de Castille en 1200. Cette vallée d’à peine trois kilomètres de large sur dix kilomètres de long ne se trouve pas très loin des sources de l’Urola, une rivière qui se jette soixante kilomètres plus loin dans la mer Cantabrique. Sa population composée d’environ 800 âmes et essentiellement de vocation agricole à l’époque où Juan y vivait, avait l’étrange particularité de s’être établie sur le flanc des montagnes où elle s’échinait depuis des siècles à cultiver des terres qui ne donnaient que de médiocres rendements alors que les fertiles terres du fond de la vallée étaient laissées en friche. C’est que, à cause de la pluviosité de son climat et de l’imperméabilité du sol des pentes des montagnes environnantes, les eaux de l’Urola étaient sujettes à de subites hausses de niveau qui entraînaient de fréquentes inondations. Ces débordements pouvaient non seulement détruire les récoltes, mais entraînaient aussi la formation de marécages qui avaient la réputation de favoriser l’éclosion de maladies.
C’est dans cette forêt marécageuse qui couvrait le fond de la vallée des deux côtés de la rivière Urola que quelques années après la mort de Jeanne on envoya Juan et Adela garder les cochons.
Proches parents des sangliers sauvages, ces petites bêtes laineuses noires se distinguaient des gros porcs blancs que l’on gardait à longueur d’année à la ferme et que l’on engraissait avec soin afin d’assurer la production du lard salé, un aliment de base, mais aussi un produit qui se vendait bien sur le marché de l’approvisionnement des navires de haute mer. Chaque année, Abitzu Etchedorry en envoyait plusieurs tonneaux à un commerçant de Deba, sur la côte. Les petits cochons maigrichons de la vallée de Zumarraga étaient, quant à eux, réputés pour le jambon qu’on en tirait et dont la plus grande partie était exportée vers Pampelune, la capitale du royaume de Navarre située plus à l’est et, de là, à Barcelone, la capitale de la Catalogne.
Il n’y a pas de doute que les porcs qu’on avait confiés à Juan et Adela ...
La suite est en lecture libre et téléchargeable sur le site Atramenta que vous pouvez joindre en cliquant ICI.
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